La soirée du 21 novembre à la Star Academy 2025 restera sans doute comme l’une des plus marquantes et des plus bouleversantes de cette treizième saison. Alors que les téléspectateurs s’attendaient à un prime riche en performances, en invités et en rebondissements, c’est finalement une séquence de détresse pure, humaine et poignante, qui a cristallisé toutes les discussions : l’effondrement de Jeanne dans le bus du retour, juste après l’élimination de Léan. Une scène brève mais d’une intensité émotionnelle rare, qui a résonné bien au-delà de l’émission, déclenchant à la fois une vague de critiques violentes sur les réseaux sociaux et un immense mouvement de soutien.

Dès l’ouverture du prime, la soirée annonçait un rythme effréné. Entre une introduction rock flamboyante sur I Will Live, la venue remarquée d’Amora qui a électrisé le plateau, et un programme chargé de surprises, l’émotion était déjà omniprésente. Mais personne n’imaginait que l’élimination de Léan – figure douce, talentueuse, très appréciée tant par les élèves que par le public – allait bouleverser à ce point l’équilibre fragile du château. Sauvé in extremis la semaine précédente grâce à l’abandon inattendu d’Emma, Léan s’était pourtant imposé comme l’un des visages les plus attachants du casting. Son départ a fait l’effet d’un coup de massue pour ses camarades.
Le premier à s’effondrer fut Tho, son ami proche et véritable complice depuis le début de l’aventure. Visiblement anéanti, il a eu du mal à contenir ses larmes, son corps parlant à sa place. Mais celle dont la détresse allait faire le tour d’Internet, c’est Jeanne. Déjà fragile depuis plusieurs semaines, la jeune chanteuse faisait face à une montée d’anxiété qu’elle tentait tant bien que mal de gérer. La pression du jeu, la compétition permanente, les répétitions, le manque de sommeil : tout cela avait construit en elle un terreau émotionnel déjà instable. Et ce soir-là, l’élimination de Léan, combinée à un vote qu’elle venait tout juste d’effectuer, allait être la goutte de trop.

En effet, Jeanne venait de poser un choix difficile : elle avait décidé de sauver Théopé, dans un duel extrêmement serré. Si elle ne regrettait pas son vote, elle avait immédiatement ressenti le poids immense de sa décision. La caméra l’a captée quelques minutes plus tard dans le bus, assise à l’écart, en larmes, respirant difficilement, tentant de se calmer. Son corps tremblait, sa voix se brisait, son souffle devenait court. Pour ceux qui connaissent les crises d’angoisse, les signes étaient évidents. Pour une partie d’Internet, malheureusement, ce moment intime allait devenir un terrain de moqueries cruelles.
Très vite, des messages sarcastiques ont envahi X, Instagram et TikTok : « Merci pour le spectacle, Jeanne, donnez-lui son Oscar », « Jeanne, le malaise vagal de la saison », « Pas Jeanne qui pleure comme si elle avait voté contre Léan ». Des commentaires injustes, parfois choquants de violence gratuite, alimentés par une méconnaissance totale de ce qu’est réellement une crise d’angoisse. Une partie du public n’a vu qu’un “meltdown dramatique”, un prétendu surjeu, une façon de capter l’attention. Mais ceux qui connaissent la jeune femme – et ceux qui comprennent la réalité des troubles anxieux – ont immédiatement pris la défense de la candidate.
En quelques heures, la tendance s’est inversée. Les messages de soutien ont commencé à affluer, rappelant un point essentiel : Jeanne souffre d’anxiété, et elle ne l’a jamais caché. « Vous êtes horribles, elle était en pleine crise d’angoisse », écrivait un internaute. « Vous streamez Respire fort dix fois par jour mais vous insultez Jeanne quand elle vit exactement ce dont elle parle dans sa chanson », ajoutait un autre. « Elle le dit dans ses textes qu’elle manque d’air, vous comprenez rien », pouvait-on lire. Ces réactions ont contribué à replacer l’événement dans son véritable contexte.
Car bien avant d’intégrer l’aventure, Jeanne avait déjà mis des mots sur son mal-être dans son titre Respire fort. Une ballade piano-voix d’une sincérité bouleversante, dans laquelle elle raconte précisément les sensations qui l’envahissent durant une crise : le souffle coupé, la poitrine qui se serre, la peur irrationnelle, les pensées qui tourbillonnent. Sorti seulement trois semaines avant, le morceau dépassait déjà le million de streams sur Spotify, preuve que de nombreux jeunes se reconnaissaient dans son message. Lors du prime du 14 novembre, elle avait interprété cette chanson pour la première fois en public, suscitant des larmes dans le public et des commentaires admiratifs des professeurs qui saluaient sa sensibilité à fleur de peau.
Ce qui s’est produit dans le bus n’était donc ni une mise en scène, ni un caprice, ni un excès de sensibilité. C’était une crise d’angoisse aiguë, déclenchée par la pression du jeu, l’intensité émotionnelle du prime, la culpabilité d’un vote décisif, et surtout le départ brutal d’une camarade à laquelle elle tenait. Les caméras ont capté un moment brut, authentique, sans filtre : celui d’une jeune artiste qui craque, non pas par manque de force, mais parce que sa force avait déjà été mobilisée jusqu’à l’extrême.

Face aux critiques faciles, les fans ont rappelé une vérité fondamentale : la vulnérabilité n’est pas un rôle, c’est un combat quotidien. Jeanne n’a pas besoin de moqueries, mais de respect. Pas de jugements, mais de compréhension. Dans une émission qui met autant en lumière les performances que l’humain, cette séquence rappelle que derrière chaque note chantée, il y a des émotions, des fragilités, des batailles intérieures. Et Jeanne, ce soir-là, l’a montré avec une sincérité désarmante.