J’ai signé un pacte avec le diable… sans le savoir histoire vraie histoire d’horreur !

J’ai signé un pacte avec le diable… sans le savoir histoire vraie histoire d’horreur !

Après ça, je n’ai plus osé les regarder, même pas dans le miroir, parce que leurs yeux, leur calme, leur étrange sourire, tout ça m’apaisé. Mais ce calme était aussi un avertissement. Quand on est arrivé au village, elles sont descendues une à une et comme la dernière fois, elles m’ont tendu un billet de 10000.

Mais cette fois, l’une d’elles m’a dit quelque chose, une phrase juste avant de disparaître dans l’ombre. Souviens-toi, si tu utilises trop souvent ce billet, il te demandera quelque chose en retour. Je m’appelle Bakari, j’ai 42 ans et depuis mes 27 ans, je conduis un vieux richat dans les rues poussiéreuses du village. J’ai une femme, trois enfants.

Trop jeune pour comprendre le poids que je porte, mais assez pour le sentir. Ma femme, Alima, ne marche plus. Sa maladie la cloue au lit et ses soupirs remplissent le silence de notre maison comme un glac qu’on a jamais sonné. Chaque jour, je conduis sous le soleil brûlant, le ventre vide et la tête baissée.

 Et chaque soir, c’est la même scène. Une poignée de riz, une ordonnance oubliée sur la table et leurs yeux, leurs yeux affamés. Je tenais bon jusqu’à ce que la honte dépasse la fatigue, jusqu’à ce que le vide dans l’assiette me pousse à une décision que je n’avais jamais osé envisager. Travailler aussi la nuit. J’en ai parlé à mon ami Moussa, un vieux de mon quartier.

 Il m’a regardé, l’air grave et il m’a dit “Bakari, ce cheminlà, c’est pas juste la nuit que tu vas traverser.” Je savais très bien ce qu’il voulait dire. Pour aller à la ville, la route coupe en plein milieu du vieux cimetière de Kosanji. Un endroit immense, tellement vaste que même après 10 minutes de route, on envoie encore les tombes à perte de vue de chaque côté.

 On raconte qu’il a été construit il y a plus de 6 siècles et qu’à la tombée de la nuit, plus personne n’ose y passer. Mais j’avais mes raisons. J’avais entendu dire que certains rentraient tard du marché de la ville et ces gens-là, ils payaient mieux, beaucoup mieux. Alors, j’ai dit à Moussa, “Je le sais, frère, mais je n’ai plus le luxe d’avoir peur.

 Ce soir-là, j’ai mis un peu d’essence dans mon vieux tricycle. J’ai salué mes enfants d’un geste et j’ai pris la route seule. Le vent soufflait fort. Il sifflait dans les arbres comme s’il voulait me prévenir ou m’arrêter. La route était vide, le ciel sans lune. Et quand j’ai atteint le premier virage du cimetière de Kosanji, j’ai senti quelque chose, quelque chose de lourd, de soudain, comme si quelqu’un venait de s’asseoir derrière moi.

 Ma gorge s’est serrée. Je n’ai pas osé me retourner. Et pourtant, mon cœur lui battait comme s’il voulait fuir sans moi. À ce moment précis, les paroles de Moussa ont surgi dans mon esprit comme une alarme enfuie. Manuc est raide, mon souffle suspendu. J’ai tourné discrètement le petit miroir de mon Riccha. Mais non, rien.

 Rien qu’un rideau de nuit. Aucune silhouette, aucun reflet. Alors, je me suis raisonné. Bakari, tu as faim ? Tu es fatigué ? C’est ton esprit qui te joue des tours. Mais juste au moment où j’ai repris la route, j’ai entendu un son léger, clair, irréel, un teintement comme celui de bracelet de femme.

 Et juste après, un rire léger, délicat, presque moqueur. Mon sens glacé. D’un coup sec, j’ai freiné et arrêté le richa sur le bas côté. Je me suis retourné d’un geste derrière moi, rien, pas une passagère, pas même une ombre. J’ai murmuré le nom d’Allah, le souffle court, et j’ai redémarré lentement, méfiant, mais je devais continuer.

 Un peu plus loin, alors que j’approchais des premières lumières de Gangiro, une femme s’est avancée et m’a fait signe de m’arrêter. Elle portait un pagne sombre. Elle m’a demandé de l’emmener jusqu’à la toute dernière ruelle du quartier sud et puis elle a ajouté quelque chose qui m’a figé. Elle m’a dit qu’elle me payerait dix00 francs. C’était énorme.

 Jamais en une demi-journée, je n’avais gagné une telle somme. J’ai accepté évidemment. Et en silence, j’ai remercié Dieu. Je me suis dit peut-être que j’ai bien fait finalement. Peut-être que la nuit porte chance. Mais ce que j’ignorais encore, c’est que ce chemin que j’avais choisi n’allait pas me mener vers la lumière, mais droit vers un tunnel s’en sort.

 Le lendemain soir, fidèle à ma nouvelle habitude, j’ai repris la même route, même espoir, celui de croiser une autre chance, un autre billet qui tombe du ciel. Mais ce soir-là, il y avait quelque chose de différent. Toute la nuit, j’ai arpenté les ruelles de Gangiro. Des heures à attendre. Pas une seule voix, pas une seule main levée.

 Le vent seul me tenait compagnie. Et quand j’ai compris que personne ne viendrait, j’ai fait demi-tour le cœur lourd et repris la route en silence. J’étais presque arrivé au niveau du cimetière de Kosanji quand je l’ai vu, un homme immobile, droit comme un arbre mort, juste à la limite du cimetière, seul. Il ne bougeait pas, ne parlait pas, ne clignait pas des yeux et au moment où j’ai passé son niveau, il m’a regardé.

Pas un regard comme les autres, un regard qui traverse, qui colle, comme s’il voulait voir ce qu’il y avait au fond de moi. Je n’ai pas ralenti, je n’ai pas parlé, lui non plus. Mais dans ce silence, quelque chose a bougé en moi comme une vague avant la tempête. Quand je suis rentré, Alima m’attendait. Sa voix douce mais usée m’a demandé “Dis, si tu gagnes autant chaque nuit, on pourra s’en sortir.” Non.

 J’ai baissé la tête et j’ai hoché doucement. Oui, bien sûr, pourquoi pas ? Alors, j’ai repris la route. Encore une fois, toujours le même décor, toujours la même obscurité, mais ce soir quelque chose allait changer. J’étais à Zinkara, un vieux quartier à l’écart. Et c’est là qu’elles sont arrivées. Trois femmes. Trois femmes que je n’oublierai jamais.

 Elles marchaient ensemble comme synchronisé. Leur beauté était déroutante. Leur visage semblait presque irréel. Des lèvres rouges, des yeux immenses, un nez fin délicat. Elles portaient toutes trois la même chale noire. Et chose étrange, elle se ressemblait comme des copies d’un même visage. Elles sont venues face à moi comme un seul corps en trois visages.

 L’une d’elles s’est approchée et m’a fixé de haut en bas. un regard lent, méticuleux. Puis elle a dit d’une voix calme : “Nous devons aller au village. J’ai acquiessé d’un signe de tête. Elle a souri, un sourire sans émotion.” Et elle a dit simplement : “D’accord.” Elles sont montées sans un bruit. Je ne pouvais m’empêcher de sourire moi aussi.

 10000 de plus, c’était presque devenu une habitude. Alors, j’ai mis mon Richat en marche en direction de la sortie de Ganjangiro. Mais à peine quelques rues plus loin, un homme m’a fait signe de la main pour que je m’arrête. Je l’ai regardé. Le véhicule est ouvert et pourtant ce type agit comme s’il ne voyait pas les trois femmes à l’arrière.

 En passant près de lui, il m’a lancé d’une voix sèche. Pourquoi tu t’arrêtes pas ? J’étais perdu. Je ne comprenais plus rien. Il ne voyait donc pas mes passages. Elles étaient là. Non, trois femmes. Je les voyais. Je les avais entendu. Lui, on aurait dit qu’il fixait un véhicule vide. J’ai secoué la tête et j’ai poursuivi ma route.

 Mais le malaise s’était installé. La route avançait sinueuse jusqu’à l’entrée du cimetière de Kosanji. Et c’est là que la voix de l’une des femmes a raisonné. Arrête ici, on descend. J’ai tourné légèrement la tête, surpris. Pourquoi vouloir descendre là, à cet endroit précis, désert, juste à côté des tombes ? Mais avant même que je puisse répondre, une autre a ajouté : “Non, on doit aller jusqu’au village.

 Il y a des choses importantes à faire là-bas. Leur manière de parler ce n’était pas juste étrange. C’était comme si les mots ne venaient pas de leur bouche, comme s’ils passaient à travers elle. J’ai levé les yeux vers le petit miroir au-dessus de moi et ce que j’ai vu m’a glacé jusqu’à l’os. Les trois femmes me fixaient.

 En même temps, leur regard était dur, intense. Leurs pupill semblaient briller dans l’obscurité. Leurs lèvres ne bougeaient pas, mais elles souriaent toutes les trois en même temps. Un sourire qui ne réchauffe rien, un sourire qui sent la fin. J’ai vite détourné les yeux et dans mon cœur, j’ai commencé à réciter des versets.

 Quelques instants plus tard, le téléphone a sonné. C’était Alima. Elle parlait doucement comme toujours, mais je sentais l’inquiétude dans sa voix. J’ai répondu : “Je sais, je sais qu’ils ont faim. J’arrive, j’ai l’argent.” Puis j’ai raccroché et j’ai prié, prié pour que cette route finisse vite. Quand je suis enfin arrivé aux abords du village, j’ai stoppé le richat.

 Les trois femmes sont descendues sans un mot, sans se retourner. L’une d’elles a attendu un billet de 10000 francs. Elle l’a doucement posé dans ma main sans un mot, lentement et puis elles ont marché droit dans l’obscurité. Je suis resté assis là quelques secondes, peut-être quelques minutes. Quelque chose en moi était différent.

 Je ne savais pas quoi, mais je sentais que quelque chose avait changé. Le billet était toujours dans ma main, mais mes doigts étaient glacés comme si ce n’était pas elle qui me l’avait donné, comme si c’était la main de quelque chose d’autre. Un frisson m’a parcouru les chines. J’ai redémarré le richat. Mais quelque chose avait changé.

La route, la nuit. Plus rien ne me semblait familier. Quand je suis rentré à la maison, je l’ai tendu à Alima sans un mot. Elle l’a pris avec un soupir de soulagement et l’a glissé aussitôt dans son vieux petit portefeuille en tissu, celui qui sent le savon noir et les jours de galère. Merci, elle a soufflé.

Demain matin, j’irai acheter deux jours de provision. J’ai hoché la tête distrait. Mais moi, j’étais ailleurs. Mon esprit bloqué sur leur visage, leurs grands yeux, leurs lèvres fines, rouges comme des fleurs interdites, leur sourire figé, commun, comme s’il n’appartenait à aucune d’entre elles. Elle me fixait encore, pas dans la rue, comme une image qu’on ne peut plus effacer. Mais ce n’était pas de la peur.

Non, c’était autre chose. Une attirance étrange comme un murmure silencieux, comme si elles voulaient me dire quelque chose, mais que leur bouche n’en avait pas le droit. Et ce moment près du cimetière, quand l’une d’elles a voulu descendre, qu’est-ce qu’elle faisait là à cette heure, à cet endroit ? Mais elles ont payé, elles sont parties.

 Et moi, j’étais content. J’avais de quoi nourrir mes enfants. Le matin suivant, je me préparais à repartir quand Alima s’est levé plutôt que d’habitude. Je vais au marché, m’a-t-elle dit. Je vais acheter du riz, un peu d’huile et peut-être un peu de viande pour les petits. J’ai souris. Va, c’est bien. Et je suis parti travailler.

 Mais peu de temps après, mon téléphone a sonné. C’était elle. Sa voix était agitée. Elle parlait vite, trop vite. Est-ce que tu peux revenir un instant à la maison ? Pourquoi ? Il s’est passé quelque chose ? C’est étrange. Je ne peux pas l’expliquer au téléphone. Il faut que tu vois. Un frisson m’a traversé. Les enfants vont bien ? Oui, oui, ils vont bien.

 Mais viens, je suis rentré aussi vite que possible. Elle m’a fait asseoir, les yeux remplis de doutes. Tu te souviens du billet d’hier soir ? Celui que tu m’as donné ? Oui. Et bien, j’ai acheté du sucre, du riz, des lentilles et j’ai rangé le reste dans mon portefeuille. Elle m’a tendu le portefeuille en murmurant : “Regarde toi-même, je l’ai ouvert.

” Et là, posé au fond un billet de 10000 francs, j’ai esquissé un sourire, un sourire de doute. Tu l’as sûrement oublié hier, c’est tout. Non, elle m’a coupé. Regarde encore, j’ai posé le billet sur sa paume. Elle a rouvert le portefeuille et là, un autre billet identique. Je l’ai sorti à mon tour, un peu troublé.

 Elle a regardé encore et un troisième billet était là. On s’est figé. Nos regards se sont croisés plein d’un mélange d’étonnement et de craintes. Les battements de nos cœurs se sont accélérés. On ouvrait le portefeuille encore et encore et à chaque fois. Un autre billet de 10000 francs venait d’apparaître comme s’il s’était glissé là.

 tout seul comme par magie, comme si ce petit objet usé était devenu un coffre invisible offert par un esprit ancien ou pire un cadeau d’un jean. Alima avait les yeux qui brillaient, un mélange de surprise, de joie, presque d’ivresse. Elle a soufflé. Ses billets, ce sont ses femmes, pas vrai ? Mais elle, elle n’était pas humaine, c’était des sorcières. Je suis resté figée.

 Je la regardais sans savoir quoi répondre. Et puis j’ai dit “Mais si c’était des sorcières, pourquoi ne nous ont-elles pas fait de mal ? Pourquoi au contraire nous aide-elle ? Parce que jusqu’ici, il faut bien l’avouer, cet argent nous sauvait et si ça continuait, on ne manquerait plus jamais de rien. Alima, elle y croyait déjà.

 Elle parlait de chance, de bénédiction, de fortune soudaine. Elle s’est levé d’un coup. Je vais retourner au marché, acheter encore du riz, un peu de savon, peut-être du tissu pour les enfants. Je l’ai arrêté. Pas maintenant, pas trop, pas trop souvent. Les voisins vont finir par se poser des questions. Elle arrive. Ne t’en fais pas, j’irai discrètement.

 Mais moi, au fond, j’avais peur. Leur regard ne me lâchait pas. Leurs yeux, leur silence, cette manière de sourire comme si elles savaient déjà ce que moi-même j’ignorais. Je me suis assis, je ne disais plus rien. Mais en moi, c’était le tumulte. Qui était-elle ? Pourquoi moi ? Pourquoi cet argent ? Et surtout, à quel prix ? Alma dansait de joie.

 Elle parlait de miracles, de ciel qui s’ouvre. Mais moi, je savais que ce qu’on ne comprend pas ne vient jamais sans conséquence. Le lendemain, je suis remonté dans mon riccha, le cœur serré, l’esprit embué de doutes et j’ai repris exactement la même route, celle où tout avait commencé. Je voulais les revoir. Je voulais leur demander pourquoi ? Pourquoi moi ? Pourquoi ses billets ? Pourquoi ce soir-là ? Pourquoi s’arrêter juste avant le cimetière ? Pourquoi cette apparence irréelle se calme presque spectral ? Mais je voulais aussi

qu’elle n’apparaisse pas parce que malgré tout, j’avais peur. Leur image me hanit. le rouge de leurs lèvres, le silence de leur voix et ce sourire qui ne venait d’aucune émotion humaine. Je suis resté longtemps sur la route à attendre, mais personne n’est venu. Je ne sais pas pourquoi, mais ce soir-là, personne ne voulait monter dans mon richat.

 comme si un voile invisible m’entourait, comme si mon simple passage faisait frissonner l’air. J’attendais depuis un moment immobile et puis elles sont revenu les trois femmes. Leur pas était lent, assuré, leurs yeux toujours aussi profonds. Leur sourire était encore plus étrange que les fois précédentes. On aurait dit qu’elle m’attendait ou pire qu’elle savait déjà que je viendrai.

 J’ai senti mon corps se réduire, ma peau devenir moite. Elles se sont approchées sans un mot. Elles sont montées dans le richa c’était chez ell. Mais à cet instant précis, un homme, un type simple, vêtu comme un villageois, il m’a dit calement “Je vais au village.” Tu y vas ? Allez en route. Je me suis tourné vers lui et j’ai figé.

Mon Richa était déjà occupé. Trois femmes y étaient assises. Juste là, je les voyais mais lui ne voyait rien. Je lui ai dit : “Désolé, frère, il n’y a plus de place. J’ai déjà des passages.” Il m’a regardé, l’air agacé. “Quel passagère ! Il est vide ton Riccha. Là, tout m’est revenu d’un coup. Ce ne sont pas des femmes ordinaires.

 Ce ne sont pas des femmes. Je lui ai répondu doucement. Frère, prends un autre chat. Le mien est plein. Il m’a fusillé du regard furieux. Et pourquoi tu bloques la route alors ? Puis il est parti en mugréant. Moi, je n’ai pas attendu une seconde. J’ai démarré. Mes mains tremblaient. Mon souffle était court. Je transpirais comme si je sortais d’un cauchemar.

 Mais à l’arrière, elle restait parfaitement calme. Pas un mot, pas un geste, comme si tout ça était habituel, comme si elle savait, comme si elles entendaient mes pensées. J’ai fini par parler, la voix tremblante. Mais je devais savoir. Vous qui êtes-vous ? Vous êtes des esprits, des sorcières ? Les trois ont éclaté de rire.

 Un rire sec, cristallin, comme de l’eau qu’on renverse sur le sol d’une pièce vide. L’une d’elles a dit dans un souffle doux : “Nous ne sommes pas des sorcières, nous sommes des tribus. Des tribus.” Ce mot a raisonné dans ma tête. Je ne savais même pas ce que cela voulait dire. Mon corps s’est mis à trembler, ma langue s’est asséchée.

 Mais j’ai posé la question que j’avais sur le cœur depuis le début. Pourquoi m’aider ? Qu’est-ce que vous y gagnez ? La voix m’a répondu : “Posez.” Parce que tu avais besoin d’aide. Alors, on t’a aidé. Après ça, je n’ai plus osé les regarder, même pas dans le miroir, parce que leurs yeux, leur calmes, leur étrange sourire, tout ça m’apaisait.

 Mais ce calme était aussi un avertissement. Quand on est arrivé au village, elles sont descendues une à une et comme la dernière fois, elles m’ont tendu un billet de 10000. Mais cette fois, l’une d’elles m’a dit quelque chose, une phrase juste avant de disparaître dans l’ombre. Souviens-toi, si tu utilises trop souvent ce billet, il te demandera quelque chose en retour.

Elle m’a dit ça d’une voix posée presque douce. Sa puissance ne durera pas longtemps. J’ai baissé la tête. Je n’ai pas osé répondre. Et quand j’ai levé les yeux, elle n’était plus là. Pas un bruit, pas une trace, comme si la terre les avait avalé ou le ciel. Mon cœur s’est resserré. J’ai eu l’impression qu’il allait s’arrêter.

 J’étais sur le point de tomber quand un homme, un villageois s’est approché. Il m’a attrapé par l’épaule. Frère, tout va bien ? J’ai répondu sans réfléchir. Rien, juste un vertige. Puis j’ai tourné mon Richat direction Ganjiro et je suis rentré tant bien que mal. Quand Alima a ouvert la porte, je n’ai rien dit. Je suis entré, je me suis assis.

 Je lui ai raconté comment je les avais revu, comment elle m’avait reparlé et surtout comment elle n’était pas vraiment humaine. Pas des femmes, des créatures, des êtres d’un autre monde, des tribus comme elle disait. et surtout comment elle m’avait donné un autre billet. Elle m’a écouté en silence, puis s’est penché un peu et elle a remercié Dieu.

 “C’est une aide envoyé par lui”, a-t-elle murmuré, “mes êtres, ses tribus, c’est une force qui t’a choisie, qui a voulu nous soulager. Alors maintenant, il y avait un billet dans sa poche, un autre dans la mienne. Et chaque fois qu’on glissait la main dans le tissu, il était là comme s’il n’était jamais parti. Au début, on a cru vivre un rêve.

 On a tout acheté, tout ce dont on avait été privé. sans réfléchir, mais très vite, je me suis souvenu. Cette force peut s’éteindre. Alors, j’ai parlé à Alima. Je lui ai dit qu’on devait être prudent, qu’on ne devait prendre que le strict nécessaire. Elle m’a écouté et elle a accepté. Dès lors, notre vie a changé. Chaque jour, j’allais au travail comme avant, mais sur le chemin, je donnais parfois quelques pièces à un mendiant.

 À la maison, j’apportais de petites choses pour les enfants. Alima achetait du riz, un peu de farine, des légumes, du savon. Nous étions redevenus simple, modeste. Pas de bijoux, pas de rêve de palais, juste de quoi vivre et surtout de quoi ne plus dormir le ventre vide. Les enfants buvaient du lait chaque jour.

Notre maison restait éclairée et les factures n’étaient plus un fardeau. La vie était devenue un silence heureux. Mais au fond de moi, quelque chose restait. un doute, une question qui ne me quittait pas. Et si tout cela s’arrêtait, que deviendrions-nous ? Alma parfois me disait, on ne doit parler de ça à personne.

 Les gens nous prendraient pour des fous ou voudraient nous arracher ses billets. Alors ensemble, on a pris une décision. Gardz le secret aussi longtemps que possible. On avait pris une décision claire, silencieuse, solide. Ce secret resterait entre nous. Ce billet étrange au pouvoir infini serait utilisé juste ce qu’il faut. Jamais plus.

 On a commencé à payer les frais d’école des enfants. On a fait réparer le toit, colmater les fuites et on a enfin pu acheter les médicaments pour les parents malades de Halima. Et chaque soir, quand on s’allongeait côte à côte dans le calme de notre chambre, je lui prenais la main et je lui disais “Peut-être qu’une force nous a choisi, mais pas pour nous combler, pour nous tester, pour voir ce qu’on ferait de ce don.

” Elle ait doucement la tête sans parler et ensemble, les yeux fermés, ont remercié Dieu silencieusement. Je n’ai jamais repris cette route. Celle qui passe par le cimetière, celle où tout a commencé. Ces trois femmes, leur silence, leur sourire, leur présence irréelle dans mon richat. C’était réel, mais c’était un réel qu’on ne doit pas toucher deux fois.

 Depuis ce jour, j’ai fait le choix de ne plus en parler, ni d’elle, ni de ce billet, parce que ce n’était pas seulement un miracle, c’était peut-être aussi une épreuve. On n’a jamais abandonné la simplicité. On a seulement appris à vivre mieux. J’ai mis une partie de cet argent de côté et j’ai commencé à aider discrètement.

 Un cousin à moi, travailleur mes pauvres, passait ses journées à marcher à pied pour trouver de quoi nourrir sa famille. Je lui ai acheté un ricuf. Quand je lui ai tendu les clés, des larmes ont coulé sur ses joues. Il a voulu m’embrasser les mains mais je l’ai pris dans mes bras et je lui ai dit : “Ce n’est pas moi, c’est juste un partage.

” Un deuxième riccha, je l’ai offert à mon neveu. On a convenu qu’il me reverserait la moitié de ce qu’il gagnerait. L’autre moitié, il la garderait. Petit à petit, non seulement je couvrais mes besoins, mais je soulageais aussi les autres. Et moi, je continuais de travailler comme avant. Je partais à l’aube après la prière et je rentrais le soir, mais avec la paix au cœur.

 Je n’avais plus cette peur de ne pas pouvoir nourrir mes enfants, plus cette angoisse en voyant la date des frais de scolarité approché. Mes trois enfants allaient à l’école en uniforme, le ventre plein et le sourire aux lèvres et leur mère, celle qui un jour s’était assise à côté de moi sur le trottoir en pleurant parce qu’on avait plus de lait pour eux.

 Aujourd’hui, elle rayonne, elle prie, elle me soutient et elle me rappelle chaque jour ce qu’on a reçu. C’est une bénédiction mais aussi une responsabilité. Parfois la plus grande bénédiction, c’est de rester petit, discret et reconnaissant. On pense que quand la vie change, les gens changent aussi. Mais nous. Même après tout ce qu’on avait reçu, on n’ rien laissé paraître.

 Pas de geste ostentatoire, pas de ventardise, pas un mot, même à nos voisins les plus proches. Pas une seule fois on a laissé entendre que dans nos poches, il y avait un billet qui ne se vidait jamais. On est resté simple, on a appris à vivre avec justesse. Et peut-être que c’est pour ça que cette bénédiction est restée. Car comme l’avait dit ces êtres, si on abuse de cette force, elle s’éteindra.

 Cette leçon, on ne l’a jamais oublié. Aujourd’hui encore, ce billet est dans ma poche et un autre dans le portefeuille de Halima. Et chaque jour, on remercie Dieu pas pour la magie, pas pour l’argent, mais pour avoir été choisi. Parce que c’est ainsi qu’il aide ses serviteurs de façon imprévisible par des chemins que personne n’imagine.

Alors oui, il faut garder espoir toujours parce que la grâce peut arriver même sous une forme étrange, même si personne n’y croit.

 

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