“Mourir sur scène” : Vitaa a décidé de tout arrêter

Vitaa : entre lumière et retrait, la chanteuse clarifie enfin son envie de “break”

Il y a des soirs où quelques mots échappés sur une scène résonnent bien au-delà de la salle de concert. C’est ce qui est arrivé à Vitaa, dont une courte vidéo capturée lors de son passage à Lyon a embrasé les réseaux sociaux et déclenché une vague d’interrogations : la chanteuse comptait-elle vraiment se retirer pendant plusieurs années ? Était-ce une annonce de fin de carrière déguisée ? En quelques heures, les hypothèses sont devenues certitudes pour une partie du public, et la rumeur s’est emballée.

Invitée sur le plateau de “Quelle époque”, ce samedi 22 novembre, la chanteuse de 42 ans a choisi de remettre les pendules à l’heure. Face à Léa Salamé, elle est revenue sur ses propos, mais aussi – et peut-être surtout – sur l’état d’esprit qui l’habite après une année de tournée intense, entre euphorie artistique et fatigue accumulée.

Mourir sur scène", Vitaa met fin aux rumeurs dans "Quelle époque" - Public


Une tournée “magique” mais éprouvante

Quand Vitaa parle de son Vitaa Tour, ses yeux brillent. Sur le plateau, elle n’hésite pas à qualifier cette série de concerts de “plus belle tournée” de sa carrière. Et pour une artiste qui sillonne les scènes depuis plus de vingt ans, le compliment n’est pas anodin. Le public, fidèle et vibrant, semble lui donner chaque soir cette énergie unique que seuls les concerts peuvent offrir : « Tous les jours, quand je monte sur scène, j’ai un sentiment que c’est un cadeau », confie-t-elle.

Ce marathon artistique a commencé il y a plus d’un an. Après le succès de la première partie de sa tournée, elle a ajouté une seconde salve de dates – une décision dictée par l’enthousiasme du public autant que par son envie de prolonger cette parenthèse scénique. La tournée doit s’achever le dimanche 30 novembre à la Seine Musicale, un ultime rendez-vous chargé d’émotion.

Mais derrière le triomphe, il y a aussi une réalité physique. À plus de 40 ans, la chanteuse reconnaît que les tournées ne s’absorbent plus avec la facilité d’antan. La récupération devient plus longue, la fatigue plus tenace. « À 40 ans passés, il me faut quatre jours pour m’en remettre », explique-t-elle avec sincérité. Son corps lui parle, et elle commence à écouter ce qu’il tente de lui souffler.


La vidéo virale : quand le doute s’installe

C’est précisément dans ce mélange de gratitude et d’épuisement qu’il faut replacer la fameuse vidéo lyonnaise. Sur scène, portée par l’émotion du moment, elle dit : « Je vais repartir un peu dans l’ombre parce que c’est bien de faire un break, de disparaître aussi… Je suis moins présente. Vous êtes là, et je ne vous oublie pas. »

Des mots prononcés sur le vif, sincères mais sortis de leur contexte une fois isolés. Pour beaucoup, ils semblaient annoncer non pas un simple ralentissement, mais une sorte de retraite anticipée. La machine médiatique s’est emballée, amplifiée par les réactions inquiètes de fans persuadés d’avoir entendu une promesse de disparition.


Sur le plateau, Vitaa rectifie : “Je n’annonce pas la fin de ma carrière”

Face à Léa Salamé, la chanteuse prend le temps de reformuler ce qu’elle voulait vraiment dire. Non, elle ne tourne pas définitivement la page de la musique. Non, elle ne tire pas sa révérence. Elle clôture une tournée, pas une carrière. Le break dont elle parle n’a rien à voir avec une disparition durable, mais plutôt avec un besoin vital de se recentrer.

« J’annonce la fin de cette tournée, surtout. Je n’annonce pas la fin de ma carrière », redresse-t-elle calmement. L’émotion brute d’un soir ne doit pas être interprétée comme une décision irrévocable. Ce qui transparaît, au contraire, c’est une volonté de respirer, de rééquilibrer sa vie, de retrouver du temps.


Une artiste, mais aussi une mère, une autrice, une productrice

Si Vitaa évoque aujourd’hui cette nécessité de ralentir, c’est qu’elle porte depuis cinq ans une charge professionnelle considérable. Le duo phénoménal formé avec Slimane, les tournées à guichets fermés, la sortie de nouveaux albums : le rythme n’a laissé que peu de place au reste.

Elle rappelle avec pudeur mais fermeté l’ampleur de ses responsabilités. Elle est artiste, certes, mais aussi maman, autrice, productrice. Chaque casquette exige du temps, de la présence, de l’énergie. Cette accumulation finit par peser, même pour les tempéraments les plus solides.

« Je ne me plains pas, c’est le plus beau métier du monde », précise-t-elle aussitôt. Mais la réalité n’en est pas moins là : la vie d’artiste, quand elle est menée intensément, finit par rogner les espaces personnels. Et Vitaa semble déterminée à se préserver.

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Une vision différente de la longévité artistique

L’un des moments les plus frappants de son passage dans l’émission survient lorsque Vitaa aborde sa vision de l’avenir. Contrairement à certains artistes qui continuent de monter sur scène jusqu’à un âge avancé – Julien Clerc, présent à ses côtés, en étant l’exemple éclatant – elle ne se projette pas dans une carrière “sans fin”.

Elle a une limite en tête : 50 ans. Dans huit ans, dit-elle, elle ne sera plus là. Non pas par dédain ou lassitude, mais parce qu’elle ne se reconnaît pas dans cette idée de portée éternelle. « Je ne me vois pas mourir sur scène », confie-t-elle avec une douceur teintée de certitude.

Son métier, elle l’aime profondément. Tant que le plaisir est là, elle comptera parmi les voix qui accompagnent le public francophone. Mais elle n’a pas l’intention de “s’accrocher”, de prolonger la scène à tout prix, de sacrifier le reste de sa vie à la lumière des projecteurs.

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Entre pause et continuité : la promesse d’un retour

Alors, que faut-il retenir ? Que Vitaa ne quitte pas la scène. Que la porte n’est pas fermée, ni même entrouverte vers une fin. Elle aura besoin d’un souffle, d’un temps de récupération, d’un espace pour retrouver le calme après la tempête créative. Mais elle reviendra.

L’artiste semble désormais chercher un équilibre qui lui permette d’exister pleinement dans tous les pans de sa vie, sans s’épuiser dans une course effrénée. La pause à venir n’est pas un adieu, mais un repositionnement. Une manière de s’assurer que, lorsqu’elle reviendra, ce sera avec le même amour, la même énergie, la même intensité.

Et si le public est attentif, peut-être entendra-t-il, sous ses déclarations, une forme de promesse : elle reviendra tant que la passion sera là. Quant au moment où elle s’arrêtera réellement, qui sait ? Les artistes changent, se surprennent, se redécouvrent. Peut-être rendez-vous non pas dans huit ans, mais dans dix, vingt… ou plus.

 

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