Il voulait sacrifier sa femme pour l’argent… Mais le ciel avait un autre plan !
Abidjan, un soir étouffant de saison sèche. Les claxons se mêlent au cri des vendeuses. Les voitures s’étirent dans la poussière rouge. Au milieu de ce chaos, un homme marche. Tête baissée, une chemise froissée collée à son dos par la sueur. Jules Quadio, 36 ans, père de famille, employé administratif dans une société de transit au plateau.
Chaque soir, il fait le même trajet du plateau à Yopougon à pied pour économiser le prix du Gbaka. 5 ans qu’il travaillent dans la même boîte, au même poste. 5 ans à sourire à des chefs arrogants, à saluer des collègues promus avant lui. Et chaque fois qu’il range ses dossiers, une question tourne dans sa tête.
Seigneur, mon tour va venir quand ? Chez lui, dans une petite maison en tôle du quartier Siki. La lumière vacille. Sa femme Claris prépare le garba du soir. Une femme calme, belle dans sa simplicité, les mains toujours actives, le cœur toujours debout, le ventre légèrement arrondi. Elle attend leur premier enfant. Elle vend des fruits au marché d’Adjamé du matin au soir sous le soleil pour compléter le revenu de Jules.

Le soir, malgré la fatigue, elle trouve toujours un mot pour le consoler. Mon mari, Dieu n’oublie pas ses enfants, laisse seulement le temps à sa main d’agir. Mais ce soir-là, Jules ne répond pas. Il fixe la lampe faiblissante, avale sa bouchée sans goût. Le poids de la vie lui écrase la poitrine. Les dettes, le loyer, les papiers d’électricité, le ventre de Claris.
Et au fond de lui, une phrase qu’il n’ose dire à voix haute. Peut-être que Dieu a oublié Yopougon. Cette nuit, pendant que Claris dort paisiblement, Jules reste éveillé. Il regarde le plafond percé, les murs écaillés, le ventilateur qui tourne à peine. Il ferme les yeux et murmure : “Je ferai tout pour changer notre vie, même si je dois y laisser mon âme.
” Il ne sait pas encore que cette prière sera entendue, mais pas par celui qu’il croit. Quelques jours plus tard, Jules arrive au bureau comme d’habitude fatigué mais fidèle. Il classe les dossiers, salut les collègues. Jusqu’à ce qu’une secrétaire frappe à sa table. Monsieur Quadioto, le directeur veut vous voir maintenant. Son cœur bondit.
Monsieur Dibi, le grand patron, ne parle jamais aux employés comme lui. Jules se redresse, ajuste sa chemise et monte les escaliers du dernier étage. Le bureau est immense, climatisé, parfumé au cuir. Une grande baie vitrée laisse voir tout le plateau. Dibi, un homme grand, la peau claire, les yeux froids, l’attend, un sourire étrange aux lèvres.
Quadio, cela fait quoi ? 5 ans que tu travailles ici, hein ? Oui, chef, 5 ans sans erreur, sans retard, sans récompense. Un silence lourd s’installe. Puis Dibi se penche vers lui. Dis-moi, tu n’en as pas marre de stagner ? Tu veux pas une promotion, une vraie ? Jules hésite. Bien sûr, chef, mais je crois que tout arrive à son heure. Ah, Rikan Dibi.
L’heure des pauvres, ça n’existe pas. Le monde appartient à ceux qui osent donner pour recevoir. Il ouvre un tiroir lentement en sort une petite boîte rouge qu’il pose sur la table. Le cuir craque. La lumière du bureau s’y reflète étrangement. Dibi la pousse vers lui. Dedans, Quadio, se trouve ton avenir. Mais chaque avenir a son prix.
Son prix ? Je ne comprends pas. Tu comprendras ce soir. Pose ça près de ce que tu aimes le plus. Et demain ta vie changera. Jules sent un frisson parcourir sa nuque. Chef, c’est une blague ? Non. Les pauvres appellent de blagues ce qu’ils ne comprennent pas. La voix de Dibi devient grave, presque inhumaine. Rentre chez toi, réfléchis et surtout n’en parle à personne.
Jules sert la boîte contre lui et quitte le bureau. En descendant les escaliers, il entend encore cette phrase raisonner dans sa tête : “Ceux qui osent gagnent. Ceux qui hésitent disparaissent.” La nuit tombe sur Yopougon. Le tonner gronde au loin. La pluie s’annonce. Dans la petite maison, Claris dort, la main posée sur son ventre.
Jules, lui n’a pas fermé l’œil. La boîte rouge est posée sur la table. Il la fixe depuis des heures. Il pense à la vie qu’il mène, les fins de mois impossible, les humiliations au travail, la honte d’être un homme impuissant devant la souffrance de sa femme. Puis il pense à Dibi, à ses montres en or, à sa voiture, à ses voyages.
Et dans sa tête, une voix douce, presque familière, murmure. Tu veux tout ça ? Offre-moi ce que tu aimes le plus et tout changera. Jules ferme les yeux, les larmes au jou. Seigneur, je ne veux plus voir ma femme souffrir, même si je dois tout donner. Il ouvre la boîte. Dedans, un talismanir, froid, lourd, comme vivant. Le vent se lève.
Une odeur étrange envahit la pièce. Claris bouge légèrement, un sourire paisible sur les lèvres. Tremblant, Jules s’approche du lit. Il s’agenouille, la boîte à la main point. Mon amour, je veux juste qu’on soit heureux, que notre enfant naisse dans l’abondance. Il glisse le talis sous l’oreiller et à cet instant, la lampe s’éteint brutalement.
Un vent glacé traverse la pièce. Les rideaux se soulèvent. La pluie frappe les vitres. Claris pousse un cri étouffé. La main sur le ventre. Julurle son nom. Le calme revient. Mais dans le silence, une certitude s’impose. Quelque chose vient de commencer. Quelque chose qu’il ne pourra plus jamais arrêter. Le matin, la pluie a cessé.
Le soleil d’Abidjan brûle à nouveau, mais dans la maison des quadiot, l’air est lourd. Claris ne s’est pas levé. Sa peau est brûlante, son souffle rapide. Claris, e chérie, réveille-toi. Rien. Jules court chercher un taxi direction l’hôpital de Trèjeville. Les médecins s’agitent, parlent de virus, d’infections rares. Jul attend, les mains jointes, le cœur battant. 3 jours. 3 jours de prière.
de larmes de peur. Et puis le 4e jour, un cri brise le couloir. Monsieur Quadiot, votre femme a fait une fausse couche. Le monde s’écroule. Le bébé n’a pas survécu. Claris pleure dans ses bras. Jules ne dit rien. Il sait il sait que le mal vient de lui. Mais le lendemain matin, son téléphone sonne.
Félicitation monsieur Quadiot, vous êtes promu chef de service. Augmentation immédiate. Jules s’assoit, incapable de parler. Il regarde ses mains encore tremblantes et murmure : “Seigneur, c’est à ce prix que tu bénis.” Le soir, Claris dort, épuisé, le regard vide. Jules fixe la boîte rouge posée sur la table.
Elle ne brille plus mais il sent qu’elle respire encore. La pluie recommence à tomber. Dans son cœur, la culpabilité s’installe et une voix faible mais réelle traverse le silence. Papa, pourquoi tu m’as fait ça ? 2 ans ont passé depuis la tragédie. Jules Quadio n’est plus le même homme. Fini les marches à pied, fini les factures impayées.
Il roule maintenant dans un GMC dernier cri. traverse le plateau vitre teintée, costume repassé, parfum de luxe au cou. Les journaux d’Abidjan parlent de lui, le jeune chef Quadio, un modèle de réussite ivoirienne. Mais derrière le sourire, il n’y a que du silence. Claris, sa femme, ne parle presque plus.
Depuis la perte du bébé, elle s’est réfugiée dans la prière. Chaque matin, elle part discrètement à l’église d’Adjamé, s’assoit toujours sur le même banc, près de la statue de la Vierge, et murmure : “Seigneur, rends-moi mon mari. Je sens qu’il s’éloigne.” Jules, lui, se cache derrière le travail. Des réunions, des contrats, des soirées mondaines.
L’argent coule comme une rivière, mais son cœur lui est sec. La nuit, il ne dort pas. Toujours ce murmure, cette petite voix d’enfant qu’il n’oublie pas. Papa, pourquoi tu m’as fait ça ? Un soir, alors qu’il contemple la piscine bleue de sa villa à Cocodi, il ferme les yeux et murmure : “J’ai tout, mais je ne ressens plus rien.
” Et dans le reflet de l’eau, il croit voir le visage d’un enfant lui sourire. Puis tout disparaît. Claris entre doucement dans le salon, pose la main sur son épaule. “Mon mari, Dieu t’aime encore. Il faut juste que tu reviennes à lui.” Il détourne le regard. “Dieu m’a abandonné depuis longtemps, Claris. Non, c’est toi qui t’ai abandonné.

Ces mots le transpersent, mais il n’a plus la force d’y croire. Un soir, Jules est invité à un grand dîner d’affaires au Sophie Talivir. Costumes impeccables, rire forcé, verre de champagne. Au bout de la table, trône monsieur Dibi, toujours aussi calme, toujours aussi élégant. Quand les musiciens cessent de jouer, Dibi se lève et lève son verre à Jul Quadio, l’homme qui a su transformer la poussière en or.
Les convives applaudissent. Jules sourit mais son cœur bat vite. Après le dîner, Dibi lui fait signe de le rejoindre sur la terrasse. L’air est chaud, la vue magnifique sur l’abaie de Cocodi. Dibi allume un cigare, tire une longue bouffée puis dit lentement : “Tu as bien travaillé, quadi mais dans ce monde, rien n’est éternel.
Il faut renouveler la loyauté. Renouveler ? Que voulez-vous dire ? Tu sais déjà cette fois c’est ta femme. Le silence tombe. Le bruit des vagues en contrebas semble s’arrêter. Jules sent le sol se dérober sous lui. Non pas Claris, pas elle. Le pacte doit être complet. Si tu refuses, tout ce que tu possèdes disparaîtra.
Jules regarde par la vitre. À l’intérieur, clarisserie avec les invités, belle, lumineuse, vêtu d’une robe ivoire. Il ferme les yeux. Une larme coule. Je ne peux pas. Alors, prépare-toi à tout perdre. Cette nuit-là, de retour à la maison, Jules tourne en rond. Sur la table, la boîte rouge, de nouveau brillante.
Il l’ouvre à l’intérieur un médaillon doré. Il tremble. Juste une dernière fois, Seigneur. Après ça, je serai libre. Il s’approche du lit conjugal. Le médaillon à la main. Claris dort profondément. Il glisse le médaillon sous son oreiller. Mais soudain, une lumière éclatante envahit la pièce. Une voix de femme puissante et douce à la fois raisonne.
Cette femme porte la lumière de ce que tu as détruit. Tu ne toucheras pas à son ventre. Jules recule terrifié. Les murs tremblent, les rideaux se lèvent, la bougie s’éteint d’un coup. Une silhouette apparaît dans le miroir. Une vieille femme en blanc au regard sévère. Le sang que tu as versé ne t’appartient pas. Cette lignée est bénie.
Le médaillon devient brûlant. Jules le lâche, hurle de douleur. Il tombe à genoux. Pitié, je voulais juste garder ce que j’avais. Tu as voulu acheter la vie, mais la vie ne s’achète pas. Un éclair frappe la maison. Tout devient noir. Quand Jules rouvre les yeux, il est seul. La boîte rouge a disparu. Claris dort paisiblement, mais lui sur sa main porte désormais une brûlure noire en forme de serpent.
Ses associés rompent les contrats. Ses amis ne décrochent plus. En moins d’une semaine, Jules perd tout. Dès le lendemain, les ennuis commencent. Son compte bancaire est bloqué sans explication. Sa santé se dégrade. Des taches sombres apparaissent sur sa peau. Il ne mange plus, ne dort plus.
Et chaque nuit, la même voix revient. Papa, pourquoi ? Claris inquiète, ne le quitte plus. Un matin, elle pose la main sur son épaule. Viens, mon mari, ce combat, tu ne peux pas le mener seul. Elle l’emmène à l’église d’Abobo. Le temple est plein, les champs montent, les mains se lèvent. Le pasteur s’approche, pose la main sur la tête de Jules.
Tu as voulu défier Dieu en cherchant la richesse sans lumière. Mais Dieu n’abandonne jamais ceux qui se repentent. Jules éclate en sanglot. Il tombe à genoux, pleure comme un enfant. Claris le sert contre elle. C’est la première fois depuis des années qu’il se sent vivant. Après la prière, le pasteur lui remet une Bible.
Le diable t’a trompé, mais Dieu peut tout réparer. Juloche la tête, incapable de parler. Dans ses yeux, on lit un mélange de honte et de soulagement. 10 ans ont passé. Le vent de Yopougon a changé et Jules Quadio aussi. Il n’est plus ce cadre en costume. Il porte maintenant un polo simple, les mains un peu caleuses mais le sourire sincère.
Avec ClariS, il tient une petite entreprise artisanale, Lumière d’Abidjan. Il fabrique des objets en bois et des bijoux fait mains. Chaque pièce vendue nourrit des familles du quartier. Leur vie n’est pas luxueuse, mais elle est vraie. Ils ont deux enfants, une fille prénommée Grâce et un garçon Ellie. Des rires remplissent la maison.
Claris, radieuse attend un troisième enfant. Le soir sur la terrasse, Jules regarde le coucher du soleil. Claris s’assoit à côté de lui. Tu vois, mon mari ? Dieu n’avait jamais oublié. Il attendait juste que ton cœur change. Oui, j’ai voulu être riche mais je ne savais pas que j’étais déjà béni. Un dimanche à l’église d’Adjamé, Jules monte sur l’estrade pour témoigner.
Sa voix tremble mais son regard est plein de paix. Frères et sœurs, j’ai pactisé avec le mal pour fuir la misère et j’ai perdu tout ce que j’aimais. Mais Dieu m’a tout repris pour me reconstruire. Il ouvre sa Bible et lit Matthieu 6:33, “Cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice et tout le reste vous sera donné par-dessus.
” Les fidèles se lèvent, applaudissent, certains pleurent. Claris dans la foule sourit et Jules lève les yeux vers le ciel. Seigneur, merci d’avoir détruit ce que je croyais être ma vie pour me donner enfin la vraie. Une colombe passe au-dessus du temple. Une lumière traverse les vitreux. Jules sent une paix nouvelle descendre en lui et dans le murmure du vent, il croit entendre une petite voix douce et lointaine.
Papa, maintenant tu es enfin libre. Quand la souffrance nous pousse à chercher la richesse sans foi, on vend ce que l’argent ne peut jamais racheter. Le diable promet vite, mais Dieu construit lentement. Et celui qui se perd dans les ténèbres par orgueil peut encore retrouver la lumière s’il apprend à plier les genoux.